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	<title>Commentaires sur : Clint assure &#8230;</title>
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	<description>"Le Cinéma, c'est 24 fois la vérité par seconde" Godard</description>
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		<title>Par : lecinematographe</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-49</link>
		<dc:creator>lecinematographe</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2008 18:10:56 +0000</pubDate>
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		<description>Ce que tu as ressenti comme de la convenance, ou de la platitude ou ce que Kévin caractérise comme un &quot;manque d&#039;ambition&quot;, c&#039;est pour moi l&#039;incarnation et la résurgence d&#039;un classicisme au sens des grands cinéastes classiques. Clint eastwood c&#039;est l&#039;un des derniers géants du classicisme. Dans le style, dans l&#039;approche, dans la recherche de l&#039;image parfaite, dans les thèmes abordés (la filiation, la transmission). Il réinterprete ces thèmes, ces codes de l&#039;âge d&#039;or avec modernité, il crée un pont entre les deux. 

Alors je ne crois pas que le but du film soit de faire pleurer dans les chaumières. De nous prendre par les sentiments avec cette histoire de gosses tués et de mères meurtries. De nous bousculer. Je crois que c&#039;est davantage une volonté de recréer méthodiquement un décor, une ambiance, une époque (c&#039;est de ca que je parle aussi quand j&#039;évoque le classicisme) et de nous y embarquer.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ce que tu as ressenti comme de la convenance, ou de la platitude ou ce que Kévin caractérise comme un &#8220;manque d&#8217;ambition&#8221;, c&#8217;est pour moi l&#8217;incarnation et la résurgence d&#8217;un classicisme au sens des grands cinéastes classiques. Clint eastwood c&#8217;est l&#8217;un des derniers géants du classicisme. Dans le style, dans l&#8217;approche, dans la recherche de l&#8217;image parfaite, dans les thèmes abordés (la filiation, la transmission). Il réinterprete ces thèmes, ces codes de l&#8217;âge d&#8217;or avec modernité, il crée un pont entre les deux. </p>
<p>Alors je ne crois pas que le but du film soit de faire pleurer dans les chaumières. De nous prendre par les sentiments avec cette histoire de gosses tués et de mères meurtries. De nous bousculer. Je crois que c&#8217;est davantage une volonté de recréer méthodiquement un décor, une ambiance, une époque (c&#8217;est de ca que je parle aussi quand j&#8217;évoque le classicisme) et de nous y embarquer.</p>
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		<title>Par : Lau</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-46</link>
		<dc:creator>Lau</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 21:52:14 +0000</pubDate>
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		<description>Hello, je viens rajouter mon petit grain de sel, après ces commentaires prolixes. Alors moi aussi j&#039;ai eu une impression mitigée en sortant du film. Je ne serais pas aussi dure que Kevin, et je trouve que globalement le film est pas mal mais je suis un peu restée sur ma fin, il y a quelque chose qui manque, je ne sais pas trop quoi.. et même si j&#039;ai été absorbée par la trame, l&#039;ensemble reste un peu trop convenu pour véritablement me bousculer. Je salue tout de même la prestation de Mrs Jolie, que je n&#039;apprécie pas particulièrement d&#039;habitude - mais là si le film ne m&#039;a pas tout à fait convaincue ce n&#039;est pas de sa faute!</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Hello, je viens rajouter mon petit grain de sel, après ces commentaires prolixes. Alors moi aussi j&#8217;ai eu une impression mitigée en sortant du film. Je ne serais pas aussi dure que Kevin, et je trouve que globalement le film est pas mal mais je suis un peu restée sur ma fin, il y a quelque chose qui manque, je ne sais pas trop quoi.. et même si j&#8217;ai été absorbée par la trame, l&#8217;ensemble reste un peu trop convenu pour véritablement me bousculer. Je salue tout de même la prestation de Mrs Jolie, que je n&#8217;apprécie pas particulièrement d&#8217;habitude &#8211; mais là si le film ne m&#8217;a pas tout à fait convaincue ce n&#8217;est pas de sa faute!</p>
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		<title>Par : lecinematographe</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-41</link>
		<dc:creator>lecinematographe</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2008 22:39:33 +0000</pubDate>
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		<description>Le réalisateur ne suit pas une grille de sentiments prédéfinis. Il y a un de l’aléatoire et de l’inattendu, notamment dans les comportements de Mrs Collins (souvent ambigus) ou dans la mise en scène de manière générale (le revirement du mélo au thriller quasiment ou au film de serial killer).
D’autre part, étant donné le travail colossal de reconstruction historique, le traitement visuel, le traitement de la psychologie des personnages, je parlerais bien d’ambition de la part du vieux monsieur.
Puis, Tu sais lorsque tu évoques no country for old man, c’est un film fichtrement conservateur pour le coup et ultra moraliste. Bien plus que l’echange si tu veux mon avis. C’est le mal, la modernité (chigurth, le taré Bardem) contre le bien et l’ancienne école representés par le sheriff (Lee Jones). Alors certes leur traitement du mal est plus farfelu et original mais la finalité reste la même.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le réalisateur ne suit pas une grille de sentiments prédéfinis. Il y a un de l’aléatoire et de l’inattendu, notamment dans les comportements de Mrs Collins (souvent ambigus) ou dans la mise en scène de manière générale (le revirement du mélo au thriller quasiment ou au film de serial killer).<br />
D’autre part, étant donné le travail colossal de reconstruction historique, le traitement visuel, le traitement de la psychologie des personnages, je parlerais bien d’ambition de la part du vieux monsieur.<br />
Puis, Tu sais lorsque tu évoques no country for old man, c’est un film fichtrement conservateur pour le coup et ultra moraliste. Bien plus que l’echange si tu veux mon avis. C’est le mal, la modernité (chigurth, le taré Bardem) contre le bien et l’ancienne école representés par le sheriff (Lee Jones). Alors certes leur traitement du mal est plus farfelu et original mais la finalité reste la même.</p>
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		<title>Par : lecinematographe</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-36</link>
		<dc:creator>lecinematographe</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 19:25:58 +0000</pubDate>
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		<description>Clint EastCool !</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Clint EastCool !</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : Jon</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-35</link>
		<dc:creator>Jon</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 17:30:09 +0000</pubDate>
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		<description>Clint Is cool !!!</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Clint Is cool !!!</p>
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		<title>Par : Kévin Picard</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-34</link>
		<dc:creator>Kévin Picard</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 13:53:53 +0000</pubDate>
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		<description>Pourquoi nous montre-t-il cette pendaison ? Cette scène est-elle indispensable ? Je ne comprends pas. 

 D&#039;une manière générale, (et je te remercie de m&#039;aider car j&#039;ai des difficultés avec ce film,non pas qu&#039;il soit gnan gnan mais j&#039;ai du mal à cerner ce qui ne me plait pas) le vrai problème de ce film est qu&#039;il repose sur les &quot;codes du mélo&quot;. Eastwood démontre tout par l&#039;image. Il n&#039;y a aucune part de suggestion et d&#039;inattendu. Son film semble suivre une grille de sentiments prédéfinis. C&#039;est, je crois, ce que je voulais dire par &quot;instinct primitif&quot;. C&#039;est un film convenu, certes pas mauvais, mais diablement conservateur. 
   A titre d&#039;exemple, je préfère mille fois la manière qu&#039;ont les frères Cohen d&#039;aborder le mal et la violence (pourquoi pas dans No country for old man). Il y a toujours chez leurs personnages quelque chose d&#039;imprévisible et de surprenant. Eastwood, lui, reste terre à terre. Presque sans ambition.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi nous montre-t-il cette pendaison ? Cette scène est-elle indispensable ? Je ne comprends pas. </p>
<p> D&#8217;une manière générale, (et je te remercie de m&#8217;aider car j&#8217;ai des difficultés avec ce film,non pas qu&#8217;il soit gnan gnan mais j&#8217;ai du mal à cerner ce qui ne me plait pas) le vrai problème de ce film est qu&#8217;il repose sur les &#8220;codes du mélo&#8221;. Eastwood démontre tout par l&#8217;image. Il n&#8217;y a aucune part de suggestion et d&#8217;inattendu. Son film semble suivre une grille de sentiments prédéfinis. C&#8217;est, je crois, ce que je voulais dire par &#8220;instinct primitif&#8221;. C&#8217;est un film convenu, certes pas mauvais, mais diablement conservateur.<br />
   A titre d&#8217;exemple, je préfère mille fois la manière qu&#8217;ont les frères Cohen d&#8217;aborder le mal et la violence (pourquoi pas dans No country for old man). Il y a toujours chez leurs personnages quelque chose d&#8217;imprévisible et de surprenant. Eastwood, lui, reste terre à terre. Presque sans ambition.</p>
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	<item>
		<title>Par : lecinematographe</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-33</link>
		<dc:creator>lecinematographe</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2008 15:51:18 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://lecinematographe.wordpress.com/?p=318#comment-33</guid>
		<description>Ce n&#039;est pas l&#039;Eglise qui intervient en tant qu&#039; instance régulatrice. C&#039;est un homme, individuellement. Il se trouve qu&#039;il est pasteur et que dans le cas précis de ce fait divers, celui-ci tenait une émission radiophonique où il dénoncait chaque jour les dérives de la LAPD. merci de préciser qu&#039;on ne lui reprochera pas ses actes salutaires auprès de Christine Collins.

Concernant la scène de la pendaison. Elle n&#039;est pas là pour rassurer le téléspectateur. Au contraire, on y assiste avec effroi. Elle est violente, abrupte. Mme Collins, comme le spectateur, n&#039;en sort pas plus apaisé et n&#039;a pas le sentiment de &quot;justice rendue&quot;. 

Je ne suis absolument pas d&#039;accord avec toi lorsque tu dis qu&#039;il joue sur nos instincts primitifs. Comme s&#039;il avait choisi la facilité pour toucher le spectateur. Il pioche un fait divers particulièrement macabre certes, mais le traite de façon analytique. Alors oui, il joue parfois sur la corde sensible avec le gamin qui déterre les ossements par exemple. Mais cela fait partie des codes du mélo/ Autrement le film est admirablement géré. Il n&#039;y a pas de &quot;bon sentiment&quot;, pas de manichéisme , pas de neu neu et de gnan gnan.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n&#8217;est pas l&#8217;Eglise qui intervient en tant qu&#8217; instance régulatrice. C&#8217;est un homme, individuellement. Il se trouve qu&#8217;il est pasteur et que dans le cas précis de ce fait divers, celui-ci tenait une émission radiophonique où il dénoncait chaque jour les dérives de la LAPD. merci de préciser qu&#8217;on ne lui reprochera pas ses actes salutaires auprès de Christine Collins.</p>
<p>Concernant la scène de la pendaison. Elle n&#8217;est pas là pour rassurer le téléspectateur. Au contraire, on y assiste avec effroi. Elle est violente, abrupte. Mme Collins, comme le spectateur, n&#8217;en sort pas plus apaisé et n&#8217;a pas le sentiment de &#8220;justice rendue&#8221;. </p>
<p>Je ne suis absolument pas d&#8217;accord avec toi lorsque tu dis qu&#8217;il joue sur nos instincts primitifs. Comme s&#8217;il avait choisi la facilité pour toucher le spectateur. Il pioche un fait divers particulièrement macabre certes, mais le traite de façon analytique. Alors oui, il joue parfois sur la corde sensible avec le gamin qui déterre les ossements par exemple. Mais cela fait partie des codes du mélo/ Autrement le film est admirablement géré. Il n&#8217;y a pas de &#8220;bon sentiment&#8221;, pas de manichéisme , pas de neu neu et de gnan gnan.</p>
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		<title>Par : Kévin Picard</title>
		<link>http://lecinematographe.wordpress.com/2008/11/18/lechange-la-maitrise-selon-eastwood/#comment-32</link>
		<dc:creator>Kévin Picard</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2008 14:10:07 +0000</pubDate>
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		<description>Le hasard fait que j’ai lu récemment cette phrase de Gide qui dit : « Avec des bons sentiments on fait de la mauvaise littérature ». Pourquoi ne pas appliquer cette idée au cinéma ? Et pourquoi pas au film de Clint Eastwood ? En fait, j’hésite. Pour tout dire, contrairement à toi, je ne sais pas quoi penser de ce film mais je vais essayer d’écrire quand même. Peut-être que cela m’aidera. 

     Alors c’est vrai, esthétiquement, le film est beau. Notamment les plans extérieurs qui bien que suintant la carte postale « années vingt » révèlent une ville de Los Angeles dans laquelle on a envie de marcher tout en pensant à notre voyage prochain vers l’Asie. Accompagné pourquoi pas d’Angelina Jolie juste parce qu’on l’a croisée dans la rue et que son chapeau nous a plu. Sur les transats d’un paquebot récemment construit et balayé par une brise salée je dirais « Voulez-vous un thé Angelina ? ».

     Mais Clint Eastwood ne l’entend pas de cette oreille. Il a autre chose à faire. Il a une histoire à nous raconter. Une histoire pas très crédible mais pour lui l’essentiel est ailleurs. Ce que notre cher ami Clint aime, c’est montrer à quel point le monde peut être injuste. Il faut (c’est un ordre) que le spectateur aie le cœur serré. Alors dans l’imaginaire Eastwood, il n’y a pas dix milles recettes. Qu’y a-t-il de plus innocent et d’attachant qu’une mère seule et son enfant ? Et de surcroit qu’y a-t-il de plus atroce que cet enfant là, précisément, se fasse enlever ? Il est fort Clint. Très fort. Alors il va nous montrer ce que c’est l’injustice. Et on en aura jusqu’à souper. 

      On notera (et c’est pour cette raison que je garde une certaine retenue) qu’on ne sombre pas non plus dans la niaiserie totale (bien qu’il y en ait une bonne dose). L’atrocité (véridique ?) de cette histoire puisée dans le réel oblige Eastwood à éviter certains des écueils que ce type de récit peut induire(pleurs, fin heureuse, re-pleurs). Le mérite en revient donc au fait divers lui-même qui nous maintient dans état d’effarement relatif (on doute toujours) mais permanent. C’est seulement par touches éparses que Clint le réalisateur-justicier-à-cours-d’idées tente de nous monter ce que sont les bons sentiments au cinéma (et pourquoi pas aussi dans la vie).

     Quant au coté républicain de Eastwood, il est présent à plusieurs niveau. Certes la police est montrée comme corrompue mais la justice ne semble plus être rendue par ces hommes en uniforme (l’a-t-elle seulement un jour été ?), c’est une autre instance qui s’en chargera. Une instance qui aux Etats-Unis est au dessus de tout soupçon car divine : l’Eglise. C’est le pasteur Gustav Briegleb qui luttera au cotés de Christine Collins (cependant, on ne lui reprochera pas !). Autre détail très républicain : l’insistance de Clint sur la mort du tueur. (A ce propos, je ne comprends pas trop ce que tu veux dire dans ton avant dernier paragraphe à propos de la caméra subjective…). Comme s’il fallait que le spectateur assiste lui aussi à cette mort pour être rassuré. Rassuré car justice a été faite. Même si Walter n’a pas été retrouvé, Eastwood montre les vertus cathartiques de la peine de mort. Il joue avec le registre des sentiments primitifs parce qu’il le sait Clint que les spectateurs ont soif de justice. Il parait que le monde est malade et injuste. Merci Clint.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le hasard fait que j’ai lu récemment cette phrase de Gide qui dit : « Avec des bons sentiments on fait de la mauvaise littérature ». Pourquoi ne pas appliquer cette idée au cinéma ? Et pourquoi pas au film de Clint Eastwood ? En fait, j’hésite. Pour tout dire, contrairement à toi, je ne sais pas quoi penser de ce film mais je vais essayer d’écrire quand même. Peut-être que cela m’aidera. </p>
<p>     Alors c’est vrai, esthétiquement, le film est beau. Notamment les plans extérieurs qui bien que suintant la carte postale « années vingt » révèlent une ville de Los Angeles dans laquelle on a envie de marcher tout en pensant à notre voyage prochain vers l’Asie. Accompagné pourquoi pas d’Angelina Jolie juste parce qu’on l’a croisée dans la rue et que son chapeau nous a plu. Sur les transats d’un paquebot récemment construit et balayé par une brise salée je dirais « Voulez-vous un thé Angelina ? ».</p>
<p>     Mais Clint Eastwood ne l’entend pas de cette oreille. Il a autre chose à faire. Il a une histoire à nous raconter. Une histoire pas très crédible mais pour lui l’essentiel est ailleurs. Ce que notre cher ami Clint aime, c’est montrer à quel point le monde peut être injuste. Il faut (c’est un ordre) que le spectateur aie le cœur serré. Alors dans l’imaginaire Eastwood, il n’y a pas dix milles recettes. Qu’y a-t-il de plus innocent et d’attachant qu’une mère seule et son enfant ? Et de surcroit qu’y a-t-il de plus atroce que cet enfant là, précisément, se fasse enlever ? Il est fort Clint. Très fort. Alors il va nous montrer ce que c’est l’injustice. Et on en aura jusqu’à souper. </p>
<p>      On notera (et c’est pour cette raison que je garde une certaine retenue) qu’on ne sombre pas non plus dans la niaiserie totale (bien qu’il y en ait une bonne dose). L’atrocité (véridique ?) de cette histoire puisée dans le réel oblige Eastwood à éviter certains des écueils que ce type de récit peut induire(pleurs, fin heureuse, re-pleurs). Le mérite en revient donc au fait divers lui-même qui nous maintient dans état d’effarement relatif (on doute toujours) mais permanent. C’est seulement par touches éparses que Clint le réalisateur-justicier-à-cours-d’idées tente de nous monter ce que sont les bons sentiments au cinéma (et pourquoi pas aussi dans la vie).</p>
<p>     Quant au coté républicain de Eastwood, il est présent à plusieurs niveau. Certes la police est montrée comme corrompue mais la justice ne semble plus être rendue par ces hommes en uniforme (l’a-t-elle seulement un jour été ?), c’est une autre instance qui s’en chargera. Une instance qui aux Etats-Unis est au dessus de tout soupçon car divine : l’Eglise. C’est le pasteur Gustav Briegleb qui luttera au cotés de Christine Collins (cependant, on ne lui reprochera pas !). Autre détail très républicain : l’insistance de Clint sur la mort du tueur. (A ce propos, je ne comprends pas trop ce que tu veux dire dans ton avant dernier paragraphe à propos de la caméra subjective…). Comme s’il fallait que le spectateur assiste lui aussi à cette mort pour être rassuré. Rassuré car justice a été faite. Même si Walter n’a pas été retrouvé, Eastwood montre les vertus cathartiques de la peine de mort. Il joue avec le registre des sentiments primitifs parce qu’il le sait Clint que les spectateurs ont soif de justice. Il parait que le monde est malade et injuste. Merci Clint.</p>
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